• The Greasy Strangler de Jim Hosking

    ____________________________________________________________________________

    The Gresy Strangler

    de Jim Hosking

     

    The Greasy Strangler de Jim Hosking

    USA - 2016 - Comédie / Horreur

    ______________________________________________________________________________

     

    The Greasy Strangler est le tout premier vrai long métrage de Jim Hosking , le réalisateur ayant déjà participé au film anthologique ABC's of Death 2 via un court métrage intitulé G for Grandad. Présenté dans de nombreux festivals dont Sundance, le film s'est forgé une petite réputation d'ovni cinématographique craspec divisant assez radicalement critiques et spectateurs sur son passage. En ce qui me concerne, The Greasy Strangler est une bonne surprise et même si le film ne sent pas vraiment la savonnette , il est paradoxalement une bonne petite bouffée d'air frais dans un univers cinématographique si confiné et formaté qu'il finit par franchement sentir le renfermé.

     

    Le film raconte donc l'histoire d'un père et de son rejeton de fils qui travaillent ensemble sur un foireux « Disco Tour » dans lequel ils entraînent des touristes peu regardants en débitant de pseudos anecdotes sur les Bee Gees , Earth Wind and Fire , Travolta ou Cool and the Gang. C'est lors de l'un de ses tours que les deux font la connaissance d'une gentille fille tout en rondeurs . Le père et le fils vont alors se disputer les faveurs de la belle tandis qu'un tueur recouvert de graisse sévit aux alentours …..

     

    The Greasy Strangler de Jim Hosking

     

    Puisque le film parle beaucoup de paternité et si il fallait trouver une filiation à The graesy Strangler, on pourrait dire que le film est le rejeton bâtard de John Waters , Quentin Dupieux, Frank Henenlotter et Ulrich Seidl. Si le film baigne dans la graisse autant que dans le mauvais goût comme les premiers films de John Waters, le réalisateur ne se vautre pas pour autant dans la fange de la provocation bassement gratuite. The greasy Strangler possède au contraire une vraie cohérence interne qui tient plus du jusqu'au boutisme intègre d'une démarche artistique que du simple exercice de provocation à la portée du premier imbécile venu. En regardant The greasy Strangler on pense donc à la rigueur du cadre des films de l'autrichien Ulrich Seidl (Dogs dayImport Export) et aux univers surréalistes et décalés des films de Quentin Dupieux (Wrong copsRubber). Jim Hosking n'utilise pas la provocation comme unique moteur pour faire exister son film , il va tout simplement au bout de son délire et de son univers décalé et les nombreuses qualités formelles du film (Cadre – Travail sur les couleurs – Photographie) suffisent à faire de The Greasy Strangler un film certes différent mais bien plus respectable qu'une palanquée de films tournés avec les pieds qui n'existent que par pur provocation.

     

    The Greasy Strangler de Jim Hosking

     

    Parmi les reproches les plus récurrents qui sont fait au film on retrouve souvent l'aspect trop répétitif de The greasy strangler ….. C'est exact que un peu à la manière d'un disque rayé le film fonctionne sur des boucles qui sont à la fois visuelles, thématiques, narratives et auditives. Pas très étonnant finalement puisque le film parle d'un quotidien assez monotone qui dérape avec l'arrivée d'un élément externe qui est ici la jeune Janet (Elizabeth De Razzo) . Le film de Jim Hosking parlant aussi d'incommunicabilité entre un père et son fils, des dialogues de sourds sont souvent débités en bloc et reviennent en boucle comme le « bullshit artist » que le père et le fils ne cessent de se jeter au visage durant tout le film. Il faut d'ailleurs noter que vers la fin du film lorsque Ronnie (le père) et Bayden (Le fiston) se parleront enfin, le dialogue ne sera plus syncopé et cyclique mais tout à fait classique …. Le film est certes assez radicale dans sa démarche mais Jim Hosking manie la provocation avec beaucoup d'humour, de symbolique et un décalage cartoonesque qui empêche irrémédiablement The Greasy Strangler de sombrer dans le sordide ou le graveleux (hormis quelques gags scatologique un peu lourdingue) . Le film comporte de nombreuses scène de nudité frontale mais les comédiens portent des prothèses qui empêchent volontairement tout réalisme choquant. Symboliquement le père dominateur et autoritaire se trimbale souvent à poil en exhibant son énorme pénis alors que le fiston cache lui dans son grand slip un micro pénis. Si les scènes gore sont nombreuses (yeux et oreilles arrachés, tête coupée), elles sont totalement cartoonesque et second degré renforçant l'aspect surréaliste et décalé de l'ensemble. Car bien plus qu'un film d'horreur, The Greasy Strangler est avant toutes choses une comédie de mœurs déjanté avec un type qui se ballade avec un nez de cochon, des shorts en laine rose, un indien obèse qui zozote, des crânes qui explose en feux d'artifices , des brochettes d'yeux au feu de camp façon marshmallow entre autres réjouissance....

     

    The Greasy Strangler de Jim Hosking

     

    The Greasy Strangler est donc un drôle de petit film qui parle d'un fils écrasé par la présence d'un père despotique et cassant tout en rêvant de lui ressembler. ... Un sujet qui aurait pu faire un drame psychologique engoncé dans un deux pièces cuisine façon nombrilisme français, mais qui pour le coup se transforme joyeusement en un savoureux WTF des plus réjouissant.

     

    Ma note: 07/10

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :