• 31 de Rob Zombie

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    31

    de Rob Zombie

    31 de Rob Zombie

    USA / 2016 / Horreur

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    Rob Zombie est mon humble avis l'un des meilleurs auteur et réalisateur de film d'horreur de ses dernières années. Paradoxalement depuis dix ans les films du bonhomme se retrouvent systématiquement condamnés à des sorties DTV comme si il s'agissait d'obscurs séries B indignes du grand écran. Pourtant le remake de Halloween et sa suite tout comme l’envoûtant et ultra-perturbant Lords of Salem valent bien 95% des production formatée made in Jason Blum. Dernier film en date de Rob Zombie, le film 31 a été financé par une campagne de crownfunding et aura du coup mis près d'un an à se concrétiser. Projeté lors de quelques festivals et vu sur la toile par des fans impatient 31 reçoit un accueil critique des plus mitigé pour ne pas dire franchement froid et défavorable. Pourtant , même si objectivement 31 est loin d'être le meilleur film de Zombie, il serait un peu prématuré de jeter 31 et Rob Zombie à la benne comme le bébé noyé avec l'eau du bain. Si 31 est un joyeux foutoir (et le nom de mon blog prouve que j'aime ça) c'est aussi un film dans lequel perce par intermittence le meilleur de Rob Zombie et sans tomber dans la psychologie de bazar, 31 est peut être même un peu plus profond qu'il ne semble l'être au premier coup d’œil.

     

    L'argument de 31 tient effectivement à trois fois rien puisque le film raconte l'histoire de cinq personnes kidnappées à la veille de Halloween en 1975 et qui se retrouvent au cœur d'un jeu mortel dans lequel ils doivent survivre douze heures à des psychopathes dégénérés lancés à leur trousse dans un immense hangar désaffecté. Pendant ce temps là, quelques personnes manipulent le jeu et parient sur leurs chances de survie. Autant dire qu'on ne tient pas là le pitch du siècle.

     

    31 de Rob Zombie

     

    31 ne brille donc pas d'emblée pour son originalité et sa mise en place calqué sur Massacre à la tronçonneuse, La maison des 1000 morts et tant d'autres films n'est pas des plus convaincante d'autant plus que Rob Zombie peine un peu pour une fois a mettre en place des personnages charismatique et attachants . La petite bande dans le van, la panne d'essence qui menace , l'arrêt à la station service du vieux redneck ; les fans de survival connaissent effectivement tout ça sur le bout des doigts depuis 40 ans. Les choses commencent donc vraiment lorsque le jeu se met en place et que démarre l'incroyable freaks show de Rob Zombie. Outrancier, excessif et grotesque la galerie de tueurs est tout de même ultra-réjouissante avec ce nain hystérique, nostalgique du nazisme qui parle espagnol et se coiffe occasionnellement d'un masque de lapin blanc ou les deux frères clowns et passablement obsédés avec leurs grosses tronçonneuse (symbole phallique) qui jurent comme des charretiers à chaque phrase ou encore ce grand dadais blond avec son tutu blanc accompagné d'un clone/clown de Harley Quinn. Dans ce grand barnum, ce cirque des horreurs , ce train fantôme en roue libre ; le gore le plus radicale le dispute souvent à la folie furieuse, mais loin du tapage foutraque et à mesure que le film avance les personnages jusque là à peine esquissés commencent à prendre de l'épaisseur notamment celui de Venus interprété par la trop rare Meg Foster (Invasion Los Angeles). On pourra regretter une mise en scène hachée, un montage un peu trop cut et une caméra qui semble peiner à rester en place plus de quelques secondes mais dans le fracas Rob Zombie nous offre aussi de jolies moments de poésie morbide comme la scène du repas ou la découverte du repaire des deux clowns à la tronçonneuse. Certes, tout reste un peu basique et ne propose aucune fulgurance particulière mais 31 se tient déjà solidement campé sur ses pattes de survival hardcore. Le film va tout de même prendre une autre dimension, plus sombre, plus glauque avec l'introduction de Doom Head. Redoutable machine à tuer, charismatique et fasciné par le Nosferatu de Murnau, ce cinglé foutrement inquiétant est interprété à la perfection par Richard Drake. Bien moins exubérant que les tueurs précédents Doom head est un assassin aussi froid et implacable que la mort elle même apportant d'un coup à 31 une dimension plus « sérieuse » et moins grand guignol au film.

     

    31 de Rob Zombie

     

    Alors finalement 31 n'est il qu'un survival de plus, un qui serait tout juste un poil plus cinglé que les autres ? Personnellement sans vouloir sur-interpréter les choses ni faire de la psychologie de bazar j'ai été assez interpellé par le nombre de références faites à la guerre et au combat durant tout le film. Lorsque Father Murder (Malcolm Mc Dowell) présente le jeu 31 il le décrit comme la guerre car « la guerre c'est l'enfer », le premier psychopathe évoque la seconde guerre mondiale et Doom head se définira lors d'une scène comme un gentleman guerrier évoquant une sorte de code d'honneur des combattants … Quand à ces grotesque personnages aux visages poudrée et aux perruques victoriennes décidant dans des salons luxueux que durant un laps de temps les gens doivent s'entre-tuer dans un jeu morbide, ils évoquent pour moi les généraux et décideurs de guerre. Et puis finalement quel autre « jeu absurde » que la guerre oppose des tueurs professionnels à des gens qui se retrouvent en situation de survie ? A un moment du film un personnage dit « quel cauchemar peut être pire que cette réalité ? » et quelle réalité peut être plus cauchemardesque que celle d'une guerre ? Et lorsque arbitrairement le combat s'arrête, que reste t-il des guerriers, des survivants et des victimes ? Chacun peut il rentrer tranquillement chez lui et reprendre une vie normal ou reste t-il le goût du sang , de la mort et de la vengeance comme le montre la magnifique scène finale de 31 sur le titre Dream on d'Aerosmith ? (L'occasion de dire que comme d'habitude chez Rob Zombie la musique de 31 est parfaite). 31 serait il un film politique(??) , je n'irais pas jusque là mais il a fallu presque 30 ans pour reconnaître et comprendre que La dernière maison sur la gauche faisait directement écho à la guerre du Vietnam. Peut être que dans 20 ans ou plus, 31 sera analyser comme le reflet de notre époque et de notre monde.

     

    31 de Rob Zombie

     

    En attendant il faut être objectif, oui 31 est l'un des films les moins réussi de Rob Zombie, mais le réalisateur de The devil's rejects démontre qu'il est définitivement un très grand puisque même ses films mineurs sont bien au dessus du tout venant de la production horrifique actuelle.

     

    Ma note: 07/10

     

     


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